Par Dior MARTIN
-
Publié dans : Nos éditions
2
-
Recommander
Journée du 10 mai oblige, la télévision nous a sorti des tiroirs plusieurs films sur les Nègres et leur histoire !
Je viens de regarder un documentaire réalisé en 2002 par Joel KATZ sur "Strange Fruit" chantée par Billie Holiday.
Cette chanson écrite par Abel Meeropol ,
enseignant juif d’origine russe, en 1935, sous le pseudonyme de
Lewis Allan est devenue, depuis l'interprétation par la diva, le symbole de la lutte des noirs.
Elle était interdite pendant l'apartheid en Afrique du sud.
Billie Holiday eut de grandes difficultés à trouver une maison de disques. Son interprétaion empreinte de douleur retenue est inoubliable.
Aujourd'hui, cette chanson nous permet de nous recueillir, et en l'écoutant le plus souvent possible, d'observer sans difficulté notre devoir de mémoire.
Strange Fruit (Billie Holiday)
Southern trees bear strange fruit
Blood on the leaves
Blood at the root
Black bodies swinging in the southern breeze
Strange fruit hanging from the poplar trees
Pastoral scene of the gallant south
The bulging eyes and the twisted mouth
The scent of magnolia sweet and fresh
Then the sudden smell of burning flesh
Here is a fruit for the crows to pluck
for the rain to gather
for the wind to suck
for the sun to rot
for the tree to drop
Here is a strange and bitter crop
Composed by Abel Meeropol (aka Lewis Allan)
Originally sung by: Billie Holiday
Fruit Étrange
Les arbres du Sud portent un fruit étrange
Du sang sur leurs feuilles et du sang sur leurs racines
Des corps noirs qui se balancent dans la brise du Sud
Un fruit étrange suspendu aux peupliers
Scène pastorale du vaillant Sud
Les yeux révulsés et la bouche déformée
Le parfum des magnolias doux et printannier
Puis l'odeur soudaine de la chair qui brûle
Voici un fruit que les corbeaux picorent
Que la pluie fait pousser, que le vent assèche
Que le soleil fait mûrir, que l'arbre fait tomber
Voici une bien étrange et amère récolte !
Chanson composée en 1939 par Abel Meeropol afin de dénoncer les Necktie Party ( pendaison) qui avait lieu dans le Sud des Etats Unis et auxquels les blancs assistaient habillés sur leur 31. Cette chanson fut offerte à Billie Holiday au tout début de sa carrière et qui fit tout son succès
Site sur le lynchage (en anglais) : http://www.americanlynching.com/main.html
Source : http://www.arte.tv/fr/kunst-musik/832806.html
http://www.lacoccinelle.net/traduction-chanson-652-.html
Par Dior MARTIN
-
Publié dans : Afrocentricité
0
-
Recommander
Voici un article que j'ai tiré de ma revue préférée, Silence ! qui traite de l'Écologie, des Alternatives, de la Non-violence, de l'Environnement, des Énergies, du Nucléaire, des Rapports Nord/Sud ... Si vous voulez vous abonner voici les coordonnées : 04 74 07 08 68 - 04 78 39 55 33 http://www.revuesilence.net En 2005, des études menées par des ONG britanniques ont estimé que les aides "au développement" du Nord vers le Sud se sont montées à 75 milliards de dollars ... mais le remboursement des dettes a fait passer 400 milliards du Sud vers le Nord.
Une étude région par région, montre que le flux va du Sud au Nord absolument partout : même l'Afrique subsaharienne, la région la plus pauvre du monde, aide à financer le Nord : pour 1 dollar d'aide du Nord , elle a versé 25 centimes sous forme d'intérêts, 30 centimes sous forme de sorties de capitaux et 51 centimes sous forme de détérioration des termes de l'échange ( chiffre de la Cnuced ) soit 1,06 dollar !
Le scandale ne s'arrête pas là si l'on regarde à quoi servent les 75 milliards d'aide : seuls 39% vont réellement sur le terrain, le reste est ce que l'on appelle de l'"aide fantôme" : 2% servent aux réfugiés dans les pays du Nord , 1% aux frais administratifs du Nord décomptés au Sud, 20% à l'assistance technique ( consultants, expertises ... venant d'institutions ou d'associations du Nord ), 14% sont des allègements de dette, 13% sont pris par le système financier lors des transactions, 7% vont à des activités sans lien avec la pauvreté ( aide au commerce par exemple ... pour acheter des produits du Nord ! ) 4% sont de l'aide liée, c'est à dire avec l'obligation de dépenser pour des biens ou services au Nord.
Bilan 2005 : 29 milliards d'aides réelles ... pour 400 milliards de récupérés par le Nord.
L'aide au développement est hautement rentable ! ( pour le Nord bien sûr ! )
( Action Aid, repris dans Imagine janvier 2006 )
Par Dior MARTIN
-
Publié dans : eventaime
0
-
Recommander
« Ainsi nos œuvres d'art ont droit de cité là
où nous sommes, dans l'ensemble, interdits de séjour »
Par Aminata TRAORE
Essayiste et ancienne Ministre
de la culture et du Tourisme du Mali
Talents et compétences président donc au tri des candidats africains à l'immigration en France selon la loi Sarkozy dite de « l'immigration choisie » qui a été votée en mai 2006 par l'Assemblée nationale française. Le ministre français de l'Intérieur s'est offert le luxe de venir nous le signifier, en Afrique, en invitant nos gouvernants à jouer le rôle de geôliers de la « racaille » dont la France ne veut plus sur son sol.
Au même moment, du fait du verrouillage de l'axe Maroc/Espagne, après les événements sanglants de Ceuta et Melilla, des candidats africains à l'émigration clandestine, en majorité jeunes, qui tentent de passer par les îles Canaries meurent par centaines, dans l'indifférence générale, au large des côtes mauritaniennes et sénégalaises. L'Europe forteresse, dont la France est l'une des chevilles ouvrières, déploie, en ce moment, une véritable armada contre ces quêteurs de passerelles en vue de les éloigner le plus loin possible de ses frontières.
Les œuvres d'art, qui sont aujourd'hui à l'honneur au Musée du Quai Branly, appartiennent d'abord et avant tout aux peuples déshérités du Mali, du Bénin, de la Guinée, du Niger, du Burkina-Faso, du Cameroun, du Congo…Elles constituent une part substantielle du patrimoine culturel et artistique de ces « sans visa » dont certains sont morts par balles à Ceuta et Melilla et des « sans papiers » qui sont quotidiennement traqués au cœur de l'Europe et, quand ils sont arrêtés, rendus, menottes aux poings à leurs pays d'origine.
Dans ma « Lettre au Président des Français à propos de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique en général », je retiens le Musée du Quai Branly comme l'une des expressions parfaites de ces contradictions, incohérences et paradoxes de la France dans ses rapports à l'Afrique. A l'heure où celui-ci ouvre ses portes au public, je continue de me demander jusqu'où iront les puissants de ce monde dans l'arrogance et le viol de notre imaginaire. Nous sommes invités, aujourd'hui, à célébrer avec l'ancienne puissance coloniale une œuvre architecturale, incontestablement belle, ainsi que notre propre déchéance et la complaisance de ceux qui, acteurs politiques et institutionnels africains, estiment que nos biens culturels sont mieux dans les beaux édifices du Nord que sous nos propres cieux.
Je conteste le fait que l'idée de créer un musée de cette importance puisse naître, non pas d'un examen rigoureux, critique et partagé des rapports entre l'Europe et l'Afrique, l'Asie, l'Amérique et l'Océanie dont les pièces sont originaires, mais de l'amitié d'un Chef d'Etat avec un collectionneur d'œuvre d'art qu'il a rencontré un jour sur une plage de l'île Maurice.
Les trois cent mille pièces que le Musée du Quai Branly abrite constituent un véritable trésor de guerre en raison du mode d'acquisition de certaines d'entre elles et le trafic d'influence auquel celui-ci donne parfois lieu entre la France et les pays dont elles sont originaires. Je ne sais pas comment les transactions se sont opérées du temps de François 1er, de Louis XIV et au XIXième siècle pour les pièces les plus anciennes. Je sais, par contre, qu'en son temps, Catherine Trautman, à l'époque ministre de la culture de la France dont j'étais l'homologue malienne, m'avait demandé d'autoriser l'achat pour le Musée du Quai Branly d'une statuette de Tial appartenant à un collectionneur belge. De peur de participer au blanchiment d'une œuvre d'art qui serait sortie frauduleusement de notre pays, j'ai proposé que la France l'achète (pour la coquette somme de deux cents millions de francs CFA), pour nous la restituer afin que nous puissions ensuite la lui prêter. Je me suis entendue dire, au niveau du Comité d'orientation dont j'étais l'un des membres que l'argent du contribuable français ne pouvait pas être utilisé dans l'acquisition d'une pièce qui reviendrait au Mali. Exclue à partir de ce moment de la négociation, j'ai appris par la suite que l'Etat malien, qui n'a pas de compte à rendre à ses contribuables, a acheté la pièce en question en vue de la prêter au Musée.
Alors, que célèbre-t-on aujourd'hui ? S'agit-il de la sanctuarisation de la passion que le Président des Français a en partage avec son ami disparu ainsi que le talent de l'architecte du Musée ou les droits culturels, économiques, politiques et sociaux des peuples d'Afrique, d'Asie, d'Amérique et d'Océanie ?
Le Musée du Quai Branly est bâti, de mon point de vue, sur un profond et douloureux paradoxe à partir du moment où la quasi totalité des Africains, des Amérindiens, des Aborigènes d'Australie, dont le talent et la créativité sont célébrés, n'en franchiront jamais le seuil compte tenu de la loi sur l'immigration choisie. Il est vrai que des dispositions sont prises pour que nous puissions consulter les archives via l'Internet. Nos œuvres ont droit de cité là où nous sommes, dans l'ensemble, interdits de séjour.
A l'intention de ceux qui voudraient voir le message politique derrière l'esthétique, le dialogue des cultures derrière la beauté des œuvres, je crains que l'on soit loin du compte. Un masque africain sur la place de la République n'est d'aucune utilité face à la honte et à l'humiliation subies par les Africains et les autres peuples pillés dans le cadre d'une certaine coopération au développement.
Bienvenue donc au Musée de l'interpellation qui contribuera - je l'espère - à édifier les opinions publiques française, africaine et mondiale sur l'une des manières dont l'Europe continue de se servir et d'asservir d'autres peuples du monde tout en prétendant le contraire.
Pour terminer je voudrais m'adresser, encore une fois, à ces œuvres de l'esprit qui sauront intercéder auprès des opinions publiques pour nous.
« Vous nous manquez terriblement. Notre pays, le Mali et l'Afrique tout entière continuent de subir bien des bouleversements. Aux Dieux des Chrétiens et des Musulmans qui vous ont contesté votre place dans nos cœurs et vos fonctions dans nos sociétés s'est ajouté le Dieu argent. Vous devez en savoir quelque chose au regard des transactions dont certaines nouvelles acquisitions de ce musée ont été l'objet. Il est le moteur du marché dit ''libre'' et ''concurrentiel'' qui est supposé être le paradis sur Terre alors qu'il n'est que gouffre pour l'Afrique.
Appauvris, désemparés et manipulés par des dirigeants convertis au dogme du marché, vos peuples s'en prennent les uns aux autres, s'entretuent ou fuient. Parfois, ils viennent buter contre le long mur de l'indifférence, dont Schengen. N'entendez-vous pas, de plus en plus, les lamentations de ceux et celles qui empruntent la voie terrestre, se perdre dans le Sahara ou se noyer dans les eaux de la Méditerranée ? N'entendez-vous point les cris de ces centaines de naufragés dont des femmes enceintes et des enfants en bas âge ?
Si oui, ne restez pas muettes, ne vous sentez pas impuissantes. Soyez la voix de vos peuples et témoignez pour eux. Rappelez à ceux qui vous veulent tant ici dans leurs musées et aux citoyens français et européens qui les visitent que l'annulation totale et immédiate de la dette extérieure de l'Afrique est primordiale. Dites-leur surtout que libéré de ce fardeau, du dogme du tout marché qui justifie la tutelle du FMI et de la Banque mondiale, le continent noir redressera la tête et l'échine[1][1]. »
[1][1] Aminata TRAORE : Lettre au Président des Français à propos de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique en général, Fayard, 2005. Retrouvez bien plus sur le site www.michelcollon.info
Par Dior MARTIN
-
Publié dans : Afrocentricité
0
-
Recommander